Musée de la Bande Dessinée

Façade style art-déco du Musée de la Bande Dessinée.

Quand je vous dis « Bruxelles », vous pensez certainement au Manneken-Pis, aux gaufres, au chocolat, à la bière… C’est correct bien que stéréotypé. N’oubliez pas que la Belgique est aussi réputée pour la qualité de ses bandes dessinées (BD) : Tintin, les Schtroumpfs… D’ailleurs, je pense que vous connaissez Hergé, l’auteur de Tintin. Bah, il est Belge !

Si vous appréciez la BD, Bruxelles abrite le Musée de la Bande Dessinée afin que vous en appreniez plus sur le 9ème art. C’est l’une des attractions phares de la capitale belge. Chaque année, plus de 250 000 visiteurs décident de franchir les portes du musée. Aujourd’hui, je serai votre guide. Allez, commençons la visite !

Ma visite du Musée de la Bande Dessinée

Les expositions permanentes et temporaires se succèdent sur 4200 m2. Le musée est donc plutôt grand. Les prix des billets sont de l’ordre de 15€ pour les adultes, et moins de 10€ pour les enfants. Il est possible de se les procurer en ligne.

Sans surprise, le musée est découpé en plusieurs parties. Je ne vous expliquerai en détails que les expositions permanentes.

Horta et les Magasins Waucquez :

On commence par une exposition gratuite qui se trouve dans le hall d’entrée où on nous explique l’histoire du bâtiment. Ce bâtiment Art Nouveau est un bijou architectural. Il a été conçu par Victor Horta en 1906. À l’origine, l’édifice abritait les magasins de Charles Waucquez, un grossiste en textile. À la mort de ce dernier, les lieux furent désaffectés.

Jean Delhaye, un architecte et élève de Victor Horta, réussit à faire classer le bâtiment en 1975. En 1984, l’association à but non lucratif « Centre Belge de la Bande Dessinée » vit le jour. Leur but est de conserver et de promouvoir la BD. Chemin faisant, on y décida d’y loger un musée. Ceci aboutit à l’inauguration du Musée de la Bande Dessinée, le 06 octobre 1989.

Hall d'entrée du Musée de la Bande Dessinée avec un lampadaire, une fusée de Tintin et Boule & Bill.
Hall d’entrée.

L’invention de la Bande Dessinée :

Cette petite partie interroge les origines de la BD. En effet, avant d’être ces albums de dessins avec des bulles, il a fallu passer par des versions plus sommaires. Le problème étant la définition. À partir de quand peut-on qualifier un dessin de BD ? Cette exposition nous retrace l’évolution des dessins au cours des siècles où l’imprimerie et les journaux ont contribué au développement de la BD.

Des planches colorées et encadrées.
Quelques anciens dessins relatifs à la BD.

L’art de la BD :

Cette partie explique comment créer une BD de A à Z. On nous guide pas à pas sur le processus de création :

  • Le scénario: avant de faire un album, il est logique que l’auteur travaille son scénario et sa structure. Mais contrairement à un roman, il doit penser au découpage de chaque séquence. En effet, le contenu d’une case de BD doit être réfléchi (décor, action et dialogue).
  • Le crayonné: muni de son crayon, le dessinateur doit esquisser ses personnages et les décors. Il doit trouver le style adéquat. Durant tout le processus, il commence par dessiner un rough (un brouillon) qu’il améliorera jusqu’à obtenir ses planches finales.
  • L’encrage : le dessinateur va repasser à l’encre ses esquisses à l’aide d’un pinceau, d’une plume, d’un feutre… La finition de l’encrage sera moins « précise » si la BD est destinée à être en couleurs plutôt qu’à être en noir et blanc.
  • La mise en couleur: à l’époque, la BD était imprimée en trichromie à l’aide de 3 films (un pour le jaune, un pour le cyan et un pour le magenta). Maintenant, la couleur se fait directement sur la planche, ou à l’ordinateur voire à la tablette graphique.
  • Le numérique: des logiciels peuvent aider les dessinateurs à la correction, au nettoyage et à la finition de leurs planches. Certains se passent de la planche papier pour tout créer sur ordinateur.
  • La couverture: sans une belle couverture, une BD se vendra peu par rapport à son véritable potentiel financier. C’est là que le graphiste intervient afin que les informations soient présentes tout en restant lisibles et originales.
  • L’édition: une fois le projet terminé, il faut envoyer son album à un éditeur qui peut refuser l’œuvre. Si l’éditeur accepte la BD, il aura à sa charge la direction artistique, les impressions, la commercialisation et la rémunération des auteurs.
Au musée de la Bande Dessinée, la même planche est crayonnée puis encrée puis colorée.
Mise en couleur d’une planche.

En poursuivant la visite, on nous dévoile les différents genres de BD existants. Bien évidemment, une BD peut présenter plusieurs genres à la fois :

  • BD autobiographie: parfois, les auteurs mélangent de la fiction aux fait réels (autofiction).
  • BD didactique: permet d’enseigner des points historiques et scientifiques en faisant appel à la réflexion du lecteur. Ceci revalorise la BD qui était accusée d’appauvrir intellectuellement les lecteurs.
  • BD historique: le récit s’intéresse à un point historique précis.
  • BD biographique: on retrace la vie d’une grande personne.
  • BD de l’imaginaire: récit qui se déroule dans un monde qui n’existe pas concrètement (science-fiction, fantastique, fantaisie…)
  • L’essai: comme dans un livre, les dessins nous invitent à réfléchir sur des sujets qui questionnent l’auteur.
  • BD intimiste: le récit porte sur l’identité, la maladie, les relations, la sexualité…
  • BD humoristique: ce sont très souvent de très courts gags de quelques cases.
  • BD pour enfants: l’histoire et les dessins sont fonction de l’âge des enfants.
Récit d'immigration.
BD autobiographique (Hanbok, de DARCQ Sophie).

Un siècle de BD belge :

C’est au milieu du XXe siècle, après la Seconde Guerre mondiale, que la Belgique s’impose comme le pays phare de la BD. Tellement que certaines séries ont connu une adaptation en dessin animé, en film, en jeux vidéo, permettant aux BD belges de rayonner à l’internationale. Cette partie est extrêmement intéressante afin de découvrir la vie des auteurs belges et de leurs œuvres. On peut apercevoir également d’ancienne publicités de l’époque. La mise en scène est très moderne. Esthétique bien que sobre.

Salle du Musée de la Bande Dessinée avec des écrans lumineux sur le mur et des portraits accrochés au plafond.
Les grands auteurs belges de BD.

Espace Pieter de Poortere :

Pieter de Poortere est un dessinateur belge et flamand. C’est lui le créateur de Dickie. C’est une BD particulière, sans texte, seulement en images, à base de gags. Dickie rayonne maintenant à l’internationale. Dans cette section, on peut voir des planches de BD. De courts dessins animés de Dickie sont également projetés.

Fauteuil avec derrière des tableaux anciens avec des personnages de BD incrustés.
Dickie.

Maison Marc Sleen :

En face du musée de la Bande Dessinée, vous trouverez la Maison Marc Sleen. Marc Sleen était un dessinateur belge néerlandophone. Son œuvre phare est Néron. Si vous avez un billet du musée, vous pouvez entrer librement dans la maison où on organise des expositions temporaires. Également, vous pouvez y découvrir la réplique de l’atelier de Marc Sleen.

Bédéthèque :

L’entrée de cette salle de documentation est payante. Cette bédéthèque permet de consulter les ouvrages conservés dans le musée.

Librairie Slumberland :

Il s’agit de la boutique du musée. Toutefois, elle a une histoire particulière. La librairie Slumberland a été créée en 1989, lors de l’inauguration du musée. Mais elle prit vite son indépendance vis-à-vis du musée, en créant d’autres librairies en Belgique. Ici, on vend entre autres des BD, des mangas, des comics et des produits dérivés (figurines, posters…).

Librairie du Musée de la Bande Dessinée avec des étals de livres et des objets de décoration.
Librairie Slumberland.

Brasserie Horta :

Ce restaurant propose des plats typiques de la brasserie belge : croquettes, carbonnade flamande, américain… L’établissement n’assure pas le service du soir.

Pour conclure, le Musée de la Bande Dessinée intéressera les néophytes. C’est très intéressant pour en savoir davantage sur les origines et le processus de création d’une BD. Toutefois, cela reste générique. Les connaisseurs n’apprendront pas grand-chose. De manière générale, ce qui est intéressant pour tout le monde, sont les planches des BD. Voir les esquisses de ses auteurs favoris peut être réjouissant. En revanche, les expositions temporaires ont plus de chance de surprendre tout le monde, en s’intéressant à des auteurs moins connus ou à des thématiques originales.

Bref ! Le Musée de la Bande Dessinée est sympathique mais je ne le trouve pas transcendant. Je n’ai pas eu de coup de cœur bien que cela soit considéré comme un incontournable à Bruxelles. Je trouve que l’Atomium est beaucoup plus impressionnant à visiter. Dans tous les cas, si vous appréciez la BD, ce musée ne pourra que vous plaire.

INFORMATIONS

Musée de la Bande Dessinée
Rue des Sables 20
1000 Bruxelles

Transports :
La station Gare Centrale est l’une des stations principales pour arriver au musée. Cette gare est desservie par les métros 1 et 5. Il faudra ensuite marcher 10 minutes pour arriver à destination.

Liens officiels :
Site internet
Facebook
Instagram
Youtube

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *